homme-conscience

 

                S’il y a bien un domaine qui me fascine, c’est bien celui de l’astronomie. Ce que m’anime plus encore, c’est faire le lien entre l’Univers qui nous entoure et l’Univers qui est le nôtre. Loin de moi l’idée de me prétendre astronome confirmée, cependant il y a un concept que j’aime particulièrement qui a été mis en avant par l’astrophysicien Trinh Xuan Thuan, une personnalité scientifique qui me porte beaucoup puisqu’il fait régulièrement le lien, dans ses ouvrages et conférences, entre l’Univers scientifique et la spiritualité (le bouddhisme, entre autres, culture dont il est issu), qui est le calendrier cosmique. En voici une représentation, que j’ai piochée dans son ouvrage Dictionnaire amoureux du Ciel et des Etoiles (qui, entre nous, est véritablement excellent) :

 

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               Un jour, alors que je montrais ce calendrier à l’une de mes amis, sa réaction m’a surprise. Je lisais sur son visage quelque chose qui se situait entre l’incompréhension et la déception. Quand je lui ai demandé ce qu’évoquait en elle ce calendrier, elle m’a répondu « la réduction de la place de l’homme dans l’univers me déprime. J’ai le sentiment d’être réduite à rien, de n’être rien… »

 

               Pour la rassurer, je lui dis qu’elle réagit de la même manière que certains grands noms de la philosophie ou de la science. Par exemple, Blaise Pascal, au XVIIIe siècle, déplore l’effrayante condition humaine puisqu’il écrivait, entre autres, dans ses Pensées « le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie ». En 1971, Jacques Monod, biologiste et biochimiste français de l’institut Pasteur, dans son ouvrage Le hasard et la nécessité, exprimait cet état à travers les mots suivants « l’homme est perdu dans l’immensité indifférente de l’univers d’où il a émergé par hasard » et, comme on dit « jamais deux sans trois » j’ai également évoqué le prix Nobel de physique américain de 1977, Steven Weinberg, qui, lui, disait « plus on comprend l’univers, plus il vous apparaît dépourvu de sens ». Effectivement, ça calme!…

               N’étant absolument pas de cet avis, je lui ai expliqué que nous avions la possibilité et la capacité de nous émerveiller de ce que la nature nous offre, ainsi que de toute la panoplie des atomes et autres particules qui font la richesse de notre monde, qu’ils soit interne ou externe. Pour illustrer cette capacité à percevoir cette connexion cosmique, j’invoque un extraordinaire poète du dix-huitième siècle, William Blake et son ouvrage In Auguries of Innocence dans lequel il écrit « voir un univers dans un grain de sable, et un paradis dans une fleur sauvage, tenir l’infini dans la paume de la main, et l’éternité dans une heure ».
La poésie, ainsi que l’art, sont de magnifiques fenêtres ouvertes sur le réel. Je trouve qu’il décrit ici, de manière sublime, une intuition très juste qui peut véritablement éclairer notre vision du monde et amener une véritable prise de conscience. C’est de cette dernière dont j’ai envie de vous parler.

 

               Comme nous le démontre le calendrier cosmique de Trinh Xuan Thuan, la conscience de l’homme est encore toute jeune ! Elle n’en est qu’à ses balbutiements ! Elle est née hier ou ce matin. Il lui faut donc du temps pour s’humaniser et s’ouvrir à la véritable magie qui façonne nos mondes, nos vies, notre Monde. Nietzsche disait « la conscience est la dernière et la plus tardive évolution de la vie organique, et par conséquent ce qu’il y a de moins accompli et de plus fragile en elle ». Nous en sommes donc au début de notre apprentissage. Quelque part, les hommes d’aujourd’hui sont les piliers et les instigateurs de cet état de prise de conscience. Chacun d’entre vous participe à sa manière à cette évolution et à cette progressive faculté que nous allons transmettre aux générations futures. Il ne tient qu’à nous d’utiliser cette posture à des fins heureuses et salutaires.
La conscience est, pour l’Homme, un outil précieux et nécessaire à sa pleine réalisation et aux accomplissements pour lesquels il est appelé à se vouer au cours de son évolution. En développant notre conscience, nous permettrons à l’espèce humaine de devenir graduellement, mais sûrement, de plus en plus efficace dans sa capacité à penser, à parler et à agir.

Consciemment vôtre,

© 2016 - 2017, Marie Peyron. Tous droits réservés.

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2 Commentaires sur "L’Homme et la Conscience [Part. 1]"

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[…]            Cet article constitue une suite logique à l’article précédent qui évoquait l’importance de bien faire évoluer notre conscience dans le but d’en […]

CAGNIART
Invité

Nous sommes des bébés de l’évolution donc tous les espoirs sont permis !

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