Le « grooming »

Le grooming est le nom de la méthode suivie par un délinquant sexuel pour attirer et enfermer un(e) mineur(e) dans une relation sexuelle maintenue dans le secret. L’ensevelissement de la relation est une caractéristique essentielle de cet effroyable piège.

Le délinquant sexuel qui suit le processus donné par le grooming s’efforce de séparer petit à petit sa proie de son entourage. Pour cela, il fait naître chez leurs victimes (car malheureusement, elles sont rarement seules dans la relation) le sentiment qu’elles sont spéciales, uniques et leur donne une forme d’amour que l’adolescence rend indispensable et dont la victime a donc besoin.

Les représentants de la loi ont pu établir un modèle global du processus que suit le criminel pour arriver à ses fins. Evidemment, il n’existe pas qu’un seul modèle… plutôt que de chercher une check liste pour établir un prétendu diagnostique, ce qu’il faut retenir c’est que le criminel enfonce la victime dans une mécanique progressive qui emmène nos enfants dans un monde où ils deviennent finalement une partie « volontaire » de l’abus sexuel.

 

Le processus mis en lumière par les autorités se déroule selon 6 étapes :

     

1) cibler une victime

Le criminel repère une enfant en évaluant sa vulnérabilité dévoilée à travers un besoin émotionnel, l’isolement ou un déficit de sa confiance en elle, par exemple. Les enfants qui ne bénéficient pas d’un encadrement parental suffisant sont donc des proies plus faciles et donc plus souhaitables.

 

2) gagner la confiance de la victime

Le délinquant sexuel parvient à ce résultat en réunissant des informations sur elle, sur ses besoins et en s’employant à les satisfaire. A ce stade, il est donc perçu comme un gardien, un prince qui a en elle une attention, une écoute, un soutien soutenus, calibrés, chaleureux. Une approche trop directe, gênante, intrusive risquerait d’éveiller le soupçon des parents. Il a donc intérêt à être le plus doux et discipliné possible pour pousser et piquer sans se révéler. Voyez l’agresseur comme un espion en mission : calme, patient et très organisé.

 

3) combler un besoin

 Une fois que le délinquant connaît tous les besoins de sa victime, et a donc la possibilité de les combler, cet adulte assure nettement une place importante dans la vie de l’enfant qui va l’idéaliser. Les cadeaux, l’affection, l’écoute, l’attention peuvent distinguer un adulte particulier, cela devrait donc susciter des inquiétudes et une plus grande vigilance de la part des parents pour identifier et rendre compte de cet adulte.

 

4) Isoler l’enfant

Le délinquant développe donc une relation très particulière avec l’adolescente, dans le but de créer des situations où ils se retrouvent seuls tous les deux. Cet isolement et cette promiscuité renforcent encore la connexion établie entre le prédateur et sa proie. Les services de garde d’enfants, de tutorat ou encore les voyages organisés peuvent faciliter la création de ce lien.

Cette relation peut se retrouver encore renforcée lorsque le criminel trouve le moyen d’apporter une forme d’amour que les autres, même les parents ne comblent pas. Les parents peuvent donc alimenter cette partie du processus en insistant pour que la relation prenne fin, par exemple.

 

5) sexualiser la relation

Lorsque la victime arrive à un stade de dépendance et de confiance émotionnelles suffisante aux yeux du loup, ce dernier va progressivement introduire la notion de sexualité dans leur relation privilégiée. La désensibilisation de la victime peut se faire par la conversation, des images, ou la création de situations où tous les deux se retrouvent nus (nager ensemble, par exemple). A ce moment-là, l’adulte exploite la curiosité naturelle de l’enfant en utilisant des sentiments de stimulation pour favoriser la sexualisation de la relation.

Lors des « enseignements » dispensés par le délinquant, il a la possibilité de façonner les préférences sexuelles de l’enfant, en manipulant ce qu’elle doit trouver excitant et étendre ainsi la relation. L’enfant va peu à peu se considérer à travers un langage sexualisé, au même titre que sa relation avec le prédateur.

 

6) maintenir le contrôle sur la victime (menaces et récompenses)

Une fois que les abus sont introduits dans le relation, le criminel utilise généralement le secret, le blâme et la menace pour garder l’enfant sous silence et maintenir la participation « volontaire » et continue de la victime, d’autant que l’activité sexuelle peut amener l’enfant à vouloir se retirer de la relation.

Les enfants empêtrées dans ces relations sordides (et Dieu sait s’ils le sont) peuvent finir par penser que la perte de cette liaison et les conséquences qui suivront l’exposition de la relation les humilieront et les rendront encore plus indésirables.

 

Ces systèmes de corruption de mineurs a gagné du terrain avec Internet. Il est important de toujours garder un œil sur nos enfants, et surtout à leur poser des questions si leurs comportements changent sans que l’on ne comprenne pourquoi et partager avec eux nos inquiétudes, s’il y en a, sans les blâmer, ni les juger, avec amour, considération et patience.

 

Préventionnement vôtre,

 

Marie Peyron
Fondatrice de Phoenix-Coaching

© 2017, Marie Peyron. Tous droits réservés.

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